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Le destin d'une rose est si fragile... Il suffit parfois de peu de chose pour que la vie bascule. Et les vies les plus ordinaires peuvent se retrouver mêlées à des destinées plus extraordinaires. C'est comme ça qu'est née la légende de Lady Oscar sous la plume de Riyoko Ikeda qui nous invite à rentrer dans l'histoire de la Révolution Française par le regard d'Oscar François de Jarjayes, qui contrairement à ce que son indique est bien une fille. En effet, son père décide de l'élever en tant que garçon suite à la naissance uniquement de filles dans cette famille qui sert la garde royale. Qui ne connaît donc pas Oscar ? Je crois que je revois cette oeuvre de façon régulière depuis un certain temps mais la dernière fois devait remonter à bien longtemps... Peut-être quelque chose comme une quinzaine d'années, avec une diffusion sur France 3 peut-être... L'une des première chose qui m'a frappé en revisionnant donc l'adaptation animée, c'est à quel point la mise en scène était finalement très marquée "shôjo manga", avec des yeux aux étoiles scintillantes et des gerbes de lumières à n'en plus finir et des plans plutôt originaux intensifiant la dramatisation de l'ensemble (et je pense que ce n'était pas forcément courant que d'avoir ces plans avec l'ombre chinoise d'un personnage dans lequel se déroule l'événement ou encore cette multiplication des visages très mangaesque). Mais dans tous les cas, ça reste une jolie réussite visuelle, avec de très beaux design de Shingo Araki (à qui l'on doit aussi Les Chevaliers du Zodiaque). L'histoire couvre une assez large période (avec nombre d'ellipses temporelles) et s'attarde sur certains événements qui vont mener Marie-Antoinette et la France là où l'on sait, en faisant des portraits croisés de plusieurs personnages féminins qui nous emmènent tantôt dans les lieux pauvres de la capitale tantôt dans les coulisses de la cour à Versailles et bien évidemment dans les corps de l'armée grâce à Oscar qui reste le fil rouge du tout et qui prend conscience de ce qui se passe sous ses yeux, de la Révolution qui se met en marche. Shôjo oblige, c'est surtout par le prisme des amours que la grande tragédie se met aussi en place. Celle de Marie-Antoinette et Fersen notamment. En fait, si l'oeuvre est réussie, c'est parce qu'elle arrive à mettre en scène des personnages charismatiques qui savent accrocher le spectateur, qui les intéressent à leur destinée (même si on pourra peut-être trouver que l'auteure semble plutôt pro Marie-Antoinette dans la façon de voir les choses mais vu que je n'y étais pas...). Le tout est servie par une VF convaincante à défaut d'être forcément très fidèle. Parce que quand on regarde l'épisode 32 qui fut redoublé avec de nouvelles voix, les dialogues étaient plus proches de la VO que ceux du doublage d'origine -oui, les trois versions sont trouvables-. Mais la voix du narrateur apporte une grande intensité (j'ai envie de dire au contraire de la narratrice de la VO) et Nadine Delanoë incarne vraiment Oscar. Sans oublier les très jolies musiques de fond... Et les génériques de fin et de début qui portent déjà toute la tragédie de l'histoire en eux en VO... Tandis que celui français est plus "révolutionnaire" dans son esprit mais somme toute agréable. Lady Oscar, c'est comme Titanic... On connaît la fin, mais on a envie de voir le chemin et de se laisser porter par la Destinée...