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Il y a des rendez-vous ratés qui trouvent une belle conclusion... En l’occurrence, Hélène Ségara m'avait un peu fait faux bond il y a une dizaine d'années quand elle avait annulé la date de concert que je comptais aller voir. Et depuis, il n'y avait pas vraiment eu l'occasion que je retourne la voir en concert (après l'avoir vue deux fois -pour deux tournées différentes- début des années 2000). Ce ne fut donc que partie remise et un peu de patience... Et surtout un peu de résistance face à la pluie. Alors oui, Hélène Ségara ne remplit plus tout à fait les mêmes salles qu'avant (et pour être honnête, la salle n'était pas remplie ici non plus) et c'est un peu incompréhensible pour ma part. J'ai toujours trouvé les décevants chiffres de son album Quand l'Eternité injustes. De même que je ne comprends pas que Parmi La Foule ne l'ait pas fait un peu plus renouer avec un certain succès (l'album était plutôt frais dans l'ensemble, avec de bons titres accrocheurs). Après, est-ce que tout ça est vraiment important ? Dans l'absolu, pas vraiment. Dans la réalité, il faut tout de même tenir compte que si on veut à nouveau vivre des rencontres, il faut que ça suive un peu du côté des ventes (que ce soit d'albums ou de places de concerts d'ailleurs). Mais l'important ce dimanche 27 Octobre à Orvault, c'était donc de profiter du concert qui était annoncé et qui était l'avant dernier de la série lancée avec son album Parmi la Foule. Ok, la pluie battante qui nous accompagnait aurait pu être absente, surtout vu l'organisation un peu chaotique pour faire rentrer le monde (ouvertures des portes après l'heure, et des vigiles pas vraiment pressés de mettre à l'abri les fans !), mais une fois bien installé au fond d'un fauteuil de velours rouge plutôt agréable, à seulement quelques mètres de la scène (soit à la cinquième ou sixième rangée, même si c'était sur une extrémité...), je savais déjà que l'instant allait être agréable. Notamment parce que la première impression qui se dégageait de l'Odyssée, c'était l'intimité et la proximité. Alors oui, il fallait d'abord en passait par Merwan Rim qui assurait la première partie (et entre vous et moi, ce n'était déjà pas ma tasse de thé à l'origine... et ça a fini de me convaincre que nous n'étions pas fait pour nous rencontrer !), mais ensuite... Ce ne fut que du bonheur, comme le veut la formule consacrée. La set-list du concert était plutôt bien dosée dans l'ensemble. Bien évidemment, des titres de l'album Parmi la Foule ("Onze Septembre", "La vie avec toi", "Le Monde à l'Envers", "Si tu savais qui je suis"), et des classiques... Une belle lignée de classiques, où l'on s'aperçoit tout de même qu'Hélène a eu pas mal de tubes ("On n'oublie jamais rien, on vit avec" -chanté en solo ici-, "Ailleurs Comme Ici", "L'amour est un Soleil", "Tu vas me quitter", "Ave Maria Païen", "Les Vallées d'Irlande", "Elle, tu l'aimes", "Vivo Per Lei"...) et une petite surprise, en ce qui me concerne, avec "Quand l'Eternité" (de l'album éponyme).

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Ce qui était intéressant, c'était la réorchestration des classiques qui ont parfois gagnés une énergie inattendue, comme pour "Vivo Per Lei" qui se la joue classique sur le début et qui voit son rythme changer, pour être "dansant", en cours de route. Un habillage qui correspondait plus au ton musical de l'Hélène de ces dernières années et qui allait plutôt bien à la plupart des titres. La seule petite bévue, en ce qui me concerne, était "Méfie-toi de Moi" qui a beaucoup perdu de sa puissance au passage (avec un phrasé assez bizarre -et je ne dis pas uniquement ça parce que je n'ai que vu le haut de sa tête pendant tout le début de la chanson, parce que le piano la cachait !!-). Mais sinon, peu de faute de goût donc. Deux tenues, mais agréables. Il faut surtout retenir de cette soirée, une Hélène Ségara très en forme, très rieuse, qui aime partager avec son public, ses réflexions. Du coup, si les chansons sont "d'amour", ça n'empêche absolument pas la bonne humeur durant le spectacle. Tellement qu'il aura fallu à la chanteuse qu'elle reprenne "Tu vas me quitter" à cause d'un fou-rire qui la précédait. Elle aura usé aussi de quelques accessoires offerts par le public, comme une cravate (on ne vient pas aux concerts d'Hélène en cravate, qu'on se le dise !), un canard/poussin (posé sur le piano à l'origine), des lunettes aux verres -immenses- roses ou encore des oreilles de chats (elle avait bien précisé que pour les dernières, c'était "no limit" !). Elle se sera même permis (si ma mémoire ne me joue pas de tour), un genre de "ces paroles ne veulent rien dire" sur "Onze Septembre" (lors d'un petit trou de mémoire je crois). Bref, elle sait jouer avec le public (très réactif, qui lui a apporté des fleurs sur une chanson -submergeant un peu la chanteuse au passage et marquant donc un petit temps de pause-), ses réactions, rebondir avec lui, rebondir avec ses musiciens (avec lesquelles elle s'avère très complice), elle anime son concert, demande à voir son public... Et s'amuse à le faire chanter, danser. Même si du coup, à 1h20 de spectacle, c'est déjà la première fausse sortie et que du coup, tout le monde se lève et s'avance devant la scène pour, du coup, former une fausse fosse ! En tout cas, voilà... Il y a plein de raisons différentes pour lesquelles on peut aller voir un artiste. On peut avoir du grand show comme Mylène Farmer, mais on peut tout autant prendre son pied avec un concert au format plus classique, mais porté par la bonne humeur. Alors non, Hélène, je n'espère pas non plus que c'était la dernière fois (parce qu'elle a remercié son public pour tout ce qu'il lui avait donné jusqu'à maintenant... et qu'elle est consciente que cela peut s'arrêter), j'espère qu'il y en aura bien d'autres encore... Parce que j'ai aimé faire l'essuie-glaciste, le coeuriste, le chantiste voire même le dansiste !