20280644

Qui m'aime me suive ! Dans notre société un peu accaparée par les réseaux sociaux, c'est un cri du coeur, ou plutôt du net, qui résonne souvent. Alors non, The Following n'est pas une série sur Twitter, je vous arrête tout de suite. C'est vrai que ça aurait pu, mais non. Ou disons qu'il faudrait un peu revoir ce réseau social à la sauce ketchup pour que ça puisse coller avec cette nouvelle création que l'on doit à Kevin Williamson. Ce qui est un peu marrant dans cette histoire, c'est qu'on entendait parler il n'y a pas si longtemps de ça d'une série inspirée de l'univers de Scream pour la chaîne MTV... Scream dont le créateur est donc Kevin Williamson (non, mais y'a un raisonnement parfois dans ce que je raconte). Une série slasher donc. Une expérience déjà tentée avec Harper's Island avec les défauts que l'on connaît, même si moi je trouve que ça se laissait plutôt suivre pour le genre. Donc, notre créateur à qui l'on doit aussi Dawson, prend un peu le contre-pied mais reste tout de même dans cette veine de tueurs en série. Sauf que là, il ne s'agit plus de découvrir qui se cache derrière les assassinats perpétrés, puisque l'on connaît déjà en partie le coupable. Ce qui est intéressant dans le partie pris par The Following, c'est de suivre à la fois le flic un peu détruit par sa rencontre précédente avec le tueur qu'est Joe Carroll (un peu comme ce que peut être Sydney dans les suites de Scream si l'on veut continuer la comparaison) mais aussi de suivre les membres d'une espèce de secte dévouée à ce tueur et qui obéissent à un plan précis. Oui, on peut dire que l'on est un peu dans la tête des tueurs, puisqu'ils seront plusieurs. Un bon moyen pour maintenir le suspense de façon à ce que ça ne soit pas artificiel. Et honnêtement, la série s'en tire plutôt bien. Elle sait maintenir ses effets de surprise de bout en bout, ainsi que la tension par rapport à son avancée. Avec une saison raccourcie à 15 épisodes (contre 22 en moyenne pour les saisons classiques de networks américains), The Following part aussi avec cet avantage. Alors ok, il ne s'agira pas de la série la plus intellectuelle de la décennie, même si on veut effectivement plus ou moins s'infiltrer dans la tête de tueurs en suivant le parcours de quelques-uns des adorateurs de Joe, en les voyant en flash-back, en les voyant évoluer (mention spéciale à Jacob), mais les retournements sont savamment dosés et la série ose parfois aller sur des terrains pas si habituel que ça. Le trio amoureux on connaît pourtant, mais il trouve ici un nouveau visage en faisant d'un homme l'objet central d'une dispute de coeur entre une femme... et un homme (pas vraiment gay au départ). Ca n'a l'air de rien, mais ce sont ces petites choses qui font que The Following finit par se détacher des autres productions qui pourraient être dans son sillage. Et puis il y a bien sûr cette référence à la littérature (Edgar Poe) qui devrait plaire, tout comme le mélange entre slasher (nombreux cadavres à prévoir, et sang qui gicle !) et secte qui apporte une nouvelle fois un angle inédit où le tueur devient un objet de culte collectif. Il faut dire que Joe est effectivement un expert dans l'art de charmer celui qui l'écoute (et n'est pas totalement moche à regarder). Du coup, cette première saison est vraiment une bonne découverte. Reste juste à savoir si le chapitre final n'aurait pas dû être refermé au bout de cette première saison qui propose une histoire a priori bouclée, plutôt que de terminer sur une fin ouverte qui pourrait tout faire basculer. Parce qu'à l'instar de Broadchurch, finalement, tout avait été dit. Il faudrait savoir parfois ne pas aller plus loin.