Pegasus Symphony 01

Il est des feux qui sont éternels... Et notre cosmos brûlant pour Saint Seiya (alias Les Chevaliers du Zodiaque) est bien parti pour rentrer dans cette liste. Une série est toujours un tout mais parfois quelques éléments se dégagent aussi pour expliquer la raison d'un succès. Bon, ici, il est vrai qu'entre le design de Shingo Araki et l'histoire plutôt prenante, les éléments dominants ne sont pas si identifiables que ça, mais une chose est sûre, la musique de Saint Seiya fait partie des ingrédients du succès. La bande originale de la série est de celles qui, pour moi, peuvent s'écouter sans avoir besoin d'avoir le support de l'image d'une part (c'est-à-dire que ça s'écoute très bien en musique d'ambiance, de fond, sans avoir besoin de regarder un épisode, une scène) et sans forcément connaître l'oeuvre d'autre part (non, c'est pas si débile que ça, je n'ai pas aimé Battlestar Galactica, mais la BO j'ai adoré, et j'ai écouté celles des saisons que je ne connaissais pas, et j'ai apprécié sans que ça se rattache à une image, une scène précise dans ma tête). Alors oui, j'ai sauté sur l'occasion quand j'ai découvert qu'un concert symphonique intitulé Pegasus Symphony allait se jouer. Certes, certaines places valaient un bras (tout comme le single de "Pegasus Fantasy 21st century version" vendu dans le merchandising... 20€ le single quand même !! -oui, oui, deux chansons-) mais ce qui est rare est cher, n'est-ce pas ? Résultat des courses ? Pas déçu d'avoir fait le déplacement jusqu'à Paris pour être en communion avec quelques autres milliers (une salle quasi pleine à 2500 places je crois) de fans pour ressentir notre cosmos brûler pendant qu'un orchestre jouait les thèmes tant attendus et résonnants dans nos coeurs de fans. Mais avant de s'installer en orchestre (le lieu de la place, non je ne me suis pas permis de pourrir les musiques de Seiji Yokoyama), petit arrêt au stand merchandising donc où était vendus des figurines, des coffrets blu-rays et dvd, ainsi que le programme, un sac et des t-shirts à l'effigie du concert (et de l'affiche). Je me suis juste pris le programme (une habitude quand je vais aux concerts) qui annonçait un peu, mais je ne le savais pas encore, la couleur. Je ne parle pas de son rouge et or seyant mais du fait qu'il ne contient aucune illustration de la série. A priori, soit les droits étaient trop chers ou ils n'ont pas réussi à les obtenir, mais c'est un peu le seul point faible (oui, je balance tout de suite) de la soirée... Point de Chevaliers à l'horizon, d'illustrations visuelles (et donc d'images projetées). Ca pouvait manquer un peu, il est vrai. Mais sinon, le programme est fort instructif et porte bien son nom puisqu'il contient bien les morceaux joués (aux concerts de chanteurs, ce n'est pas vraiment le cas la plupart du temps !!) ainsi que des informations sur le chef d'orchestre (et... son orchestre !) et les invités japonais. De quoi s'occuper (un peu) en attendant le début du concert vers 20h15. Une chose est aussi sûre, c'est que lorsque l'on rentre dans la salle du Grand Rex, on se dit qu'il n'y avait finalement pas meilleur lieu pour accueillir les musiques de cette série culte, puisque l'on a le droit à un plafond au ciel étoilé et un décor "méditerranéo-antique" (dixit Wiki), avec statues et tout. Mine de rien, on plonge déjà un peu dans l'ambiance des Chevaliers. A noter que pendant que le public s'installe, l'orchestre est déjà là, répétant, testant les morceaux. Puis vient donc l'heure de se plonger pour de bon dans le monde musical merveilleux de Seiji Yokoyama.

Pegasus Symphony 02

Tout débute avec le "Ares no Kage" en instrumental (pas joué par l'orchestre) et quelques lumières qui tentent de rappeler un peu le dôme étoilé qu'on voit au début de la série avec Saori (c'est en tout cas ce à quoi ça m'a fait penser). Puis vient le chef d'orchestre (Jean Thorel) et la longue partition peut alors réellement commencer. La bonne idée c'est d'avoir installé un écran permettant d'inscrire d'abord un petit message de la part du compositeur, puis surtout les noms des partitions. Après, il est vrai que si je n'ai eu aucune difficulté à le lire de ma place en orchestre (même vers le fond de la salle), sans doute que pour les personnes en mezzanie et balcons, c'était un chouia trop léger niveau taille. L'une des craintes que j'avais concernait aussi les morceaux avec les fameuses mélopées (mélodies à la voix humaines). Parce que c'est quand même l'une des marques de fabrique de la série, et qu'il y a beaucoup de thèmes que j'aime qui sont dûs à ces mélopées. Bon, j'ai été rassuré en voyant un peu avant qu'il y avait une soliste (Marie Cordier) pour nous enchanter les oreilles... Et ce fut le cas, elle a parfaitement assuré son rôle, on a reconnu les chants ("Mother Complex", "Sacrifice) et ça me semblait plutôt proche de l'original.  D'ailleurs, au niveau de la sélection des morceaux, je dois dire que j''ai été plutôt ravi, puisqu'une grande partie de ceux que j'affectionne ont été joués (ce qui n'était pas forcément gagné). Et puis c'était parfois intéressant de voir avec quels instruments étaient joués les sons que l'on connaissait si bien. Au rayon des surprises, la présence d'un accordéon (notamment pour les morceaux consacrés à Asgard de mémoire, comme "Frey - ai to seigi no yûsha" ou "Densetsu no kami tôshi") qui donne vraiment de jolies choses bien utilisé (oublions Yvette quoi !). Pour la harpe, moins surprenant, mais tout aussi agréable, et puis comme ça, j'étais à peu près sûr d'avoir mon "Abel's Theme", ce qui fut bien le cas (avec le concours ici d'une mandoline et d'un mandola). A noter que le groupe Broadway est venu à plusieurs reprises jouer des morceaux avec l'orchestre (notamment pour les passage punchy) et qu'il y avait aussi Nobuo Yamada de Make-Up pour chanter le fameux "Pegasus Fantasy" qui est venu clôturer le premier acte (qui fut suivi d'un entracte de 15 minutes). Je dois dire qu'arrivé à ce niveau-là du concert, j'ai eu un peu peur. Seulement 21h15 et si j'en croyais mon programme, une bonne partie de passer. Dodo à 22h ? Non, parce qu'on ne nous dit pas tout ! Et le programme, a donc caché les rappels. Ils sont toujours prévus mais peu importe. Surtout que via l'écran, les organisateurs on fait une petite blagounette "vous en voulez encore" (devinez ce qu'on a répondu !!) "alors rendez-vous en avril 2016" ! (Devinez qui a sifflé ?). Il a en tout cas fallu être un peu patient pour le dernier rappel, après que Nobuo Yamada est revenu pour chanter "Eien Blue" -ah, il n'est donc pas venu que pour chanter un morceau, me voilà rassuré !!-. Tellement patient que certaines personnes ont commencé à quitter la salle. Dommage, ça s'est terminé en apothéose. Parmi ces moments magiques du concert, il y'a d'ailleurs le "Pegasus Ryûseiken" repris à la trompette (je pense). Bref, c'était un envoûtement que de revivre les musiques à travers cette manifestation qui a visiblement conquis les personnes qui sont venus y assister. Un public qui s'est montré plutôt attentif aux morceaux, généreux en applaudissements entre, que ce soit pour les musiques mais aussi pour les musiciens et Broadway/Make-Up. Le rappel a été un grand moment de "une autre". Et puis bien évidemment, certains thèmes ont suscités des réactions dès les premières notes (et parfois quelques applaudissements en rythme). Une expérience intéressante qui change des concerts de chanteurs... Je n'irais pas voir de moi-même un concert de musiques classiques, mais qu'on me redonne la même chose ou qu'on en fasse de même avec Sailor Moon (au hasard) et je suis plutôt preneur. Que brûle encore le cosmos de mon coeur...