The Leftovers

Il est des choses que l'on ne peut pas expliquer... En l'occurrence, encore une fois, savoir pourquoi on accroche ou non à telle ou telle série (film, chanson, manga, animé...), c'est tout un mystère, c'est complexe et s'il y a bien sûrement des critères qu'on peut plus ou moins qualifier d'objectifs, reste que c'est pour ma part sûrement la subjectivité qui prime... L'affect oserais-je dire. Qui peut se traduire de différentes façons, qui peut s'épanouir de différentes manières. Mon côté rebelle conformiste me pousse souvent à ne pas aimer ces séries qui subjuguent les sériephiles passionnés, ceux qui réussissent à analyser sans doute plus que moi le pourquoi du comment, qui réussissent sans doute plus que moi à décrypter les codes narratifs, visuels et autres critères peut-être un peu plus objectifs ou en tout cas concrets sur lesquels se baser. Ca fait un moment que j'ai compris que j'étais un sériephile grand public et mainstream même si j'avoue que parfois j'aimerai moi aussi enscencer ces oeuvres qui semblent faire palpiter le coeur de certains. Alors parfois, je me laisse séduire par les sirènes de ces mots qui parviennent jusqu'à moi et qui me donnent envie de laisser une chance à une série que je n'aurai pas vraiment pris le temps de daigner regarder ces dernières années. C'est ce qu'il s'est passé avec la dernière création de Damon Lindelof et Tom Perrotta. Tellement laissé séduire, que je m'y suis mis en VOSTF (la dernière fois, c'était avec Looking). Bon, j'avoue qu'encore une fois, je ne pourrais toujours pas me classer parmi les Autres, ceux qui sont un peu moins mainstream que moi... Non, la série n'a pas réussi ce tour de force de me subjuguer, de créer le coup de coeur... Je suis par contre un peu plus embêté qu'à l'accoutumée... Si j'ai décroché le visionnage au bout du quatrième épisode en VO, je m'y suis tout de même remis par la suite en VF (et j'en suis navré pour tous ceux qui vont encore faire une crise cardiaque à la lecture de ceci) et l'étrange ton de la série a fini par... Par je ne sais pas quoi d'ailleurs. Pas me séduire ni me subjuguer. Mais j'ai été en tout cas intrigué... Parfois touché par certaines histoires, certains personnages ou moments. Tout en sachant pertinnemment que je ne reverrais probablement jamais cette série (je veux dire, un Broadchurch, j'y retournerai sans crainte, par exemple). Alors me voilà sans doute aussi décontenancé que ces personnages qui ne savent pas ce qu'il s'est passé, où ont disparu (encore !) leurs proches et il faut faire avec. Avec cette narration un peu atypique qui se concentre parfois plus sur tel ou tel personnage, laissant beaucoup de monde en dehors, ou déroulant son fil de manière décousue mais en ayant un but sous forme de puzzle sentimental qui fini par plus ou moins prendre forme. Et puis surtout, surtout, il y a cette terrible musique de Max Richter qui justifierai presque à elle seule que je sois allé jusqu'au bout de la saison (en dehors de baver sur Justin Theroux, extrêmement séduisant dont on profite à quelques reprises). Cette bande-originale est très sobre mais quelques thèmes sont récurrents, développés et viennent vraiment sublimer l'ambiance si particulière de la série. Alors oui, je suis sans doute un laissé pour compte qui n'a pas réussi à parfaitement rentrer dans la série pour y voir toutes ses qualités mais bizarrement j'y reviendrais sûrement tout de même pour la prochaine saison.