20190615_205204Dix, onze, douze… Pourvu qu’elle soit douce… Il était impensable pour moi de ne pas écrire quelques mots sur le dernier concert de Mylène Farmer auquel j’ai pu assister, parce que depuis le tout premier  que j’ai fait (Mylènium Tour), je crois que j’ai couché des mots sur le papier blanc de l’ordinateur pour me souvenir de mon ressenti à la sortie et avec un peu de recul du spectacle. Même si le premier reste, je crois, juste sur mes disquettes perso (l’envie à l’époque d’envoyer la chronique au magazine Platine qui publiait des avis des lecteurs). On ressort de cette résidence parisienne 2019 assez… Comment dire ? Tétanisé par ce final inattendu, impacté par l’image forte qu’on peut en retirer et peut-être (mais comme souvent chez la star) même la crainte du message qu’il pourrait envoyer. Si chaque final sonne comme un adieu potentiel, celui reste particulièrement troublant du fait de la fin de cycle que ça engendre, de la boucle bouclée qui se créer. Peut-être est-ce juste aussi un des innombrables clins d’œil voulus par Mylène dans la totalité de ceux qui peuvent être présents dans ce spectacle comme dans l’album Désobéissance. On le saura sans doute dans quelques années quand il y aura ou non une nouvelle tournée, un nouvel album ou pas, parce qu’on l’imagine mal donner une réponse précise à cette question. Mais revenons-en un peu au début tout de même. Et à cette salle immense qui accueille donc la série de concerts.

Une salle impressionnante de par la hauteur qu’il peut y avoir. Des gradins remplis. Une fosse finalement pas si profonde que ça, ce qui fait aussi qu’on est pas totalement éloigné avec les places assises même si ce n’est pas Byzance. Et je crois que depuis Avant Que l’Ombre… à Bercy je n’ai jamais vu Mylène d’aussi loin (alors même que j’étais pas si mal placé que cela sur les côtés), on peut donc remercier les écrans placés de chaque côté (mais aussi au plafond parfois). Une scène qu’on aurait pu espérer peut-être un peu moins épurée puisqu’elle est dans la lignée de Timeless. Avec des objets mouvants mais on regrette quand même un truc un peu plus percutant (moi je veux revoir un truc à la Isis comme au Mylènium Tour par exemple). Bien évidemment, les indispensables écrans sont là et partout. Notamment pour l’entrée et puis après ça monte et ça descend. Comme beaucoup d’éléments scéniques (dont la scène elle-même en fait). Il y a d’ailleurs sûrement des effets qui ne sont pas visibles quand on est sur les côtés (je pense notamment à ce qui peut se passer visuellement sur Sans Logique) et comme d’habitude il est un peu compliqué de suivre tout ce qui peut se passer à droite et à gauche parce qu’il reste pas mal de petites choses ici ou là à scruter. Et que serait un concert de Mylène Farmer sans les chorégraphies et donc les danseurs ? Eux aussi ont pris de l’ampleur cette année par rapport à la dernière tournée. Ils se sont multipliés comme des petits pains et on retrouve des danseuses pour l’occasion. Ils sont tout de même 16 à accompagner la chanteuse et ça fait plaisir (fallait bien remplir aussi un peu visuellement cette large scène) parce que c’était un chouille rachitique sur Timeless.

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Et quand je dis qu’ils ont pris de l’ampleur, ce n’est pas seulement en nombre. C’est aussi en terme de présence dans les chorégraphies. Parce que le mot d’ordre de cette résidence c’est à la fois nostalgie et dépoussiérage en règle. Que ce soit au niveau des orchestrations de titres cultes ou donc de la danse. Les chorés originales ont quasiment toutes disparues à quelques exceptions près (bien sûr que Désenchantée n’allait pas être totalement bouleversée) et c’est un vent de fraîcheur qui souffle. Comme Mylène qui s’investit moins aussi dedans du coup. Elle laisse faire ses danseurs. Un mal pour un bien sans doute, ce qui permet de continuer de manière maline à assurer le show sans faire de play-back pour autant. On notera juste qu’il n’y a pas de choristes et que par contre il y a de nombreux effets pré-enregistrés sur de nombreux titres. Mais la chanteuse se plante suffisamment souvent pour couper court à la rumeur de play-back (d’autant plus que ce n’est pas toujours très juste), même si j’avoue ne pas forcément avoir remarqué ici (et pourtant, boulette sur Rolling Stone a priori). La set-list réserve de très nombreuses et agréables surprises. Si les classiques auxquels on pouvait s’attendre sont bien présents (L’Ame-Stram-Gram, California, Rêver -dans une version enfin un peu plus orchestrale depuis des lustres et donc un peu plus intéressante que le sempiternel piano-voix-, Pourvu qu’elles Soient Douces…), si on a toujours une partie piano-voix (mais raccourcie et 3 titres c’était fort bien -même si perso, je suis très déçu du choix de la chanson Un jour ou l’Autre, il y avait tellement mieux sur l’album Interstellaires à défendre-, surtout qu’il y a le retour d’Innamoramento et ça c’est cool !!), il y a donc aussi du plus inattendu. De l’inespéré pour les fans avec l’interprétation de Sans Logique (première fois depuis le tour 89) et même M’Effondre, un titre rescapé de l’album Bleu Noir et franchement, c’était top ! La montée en puissance donne un bel effet sur scène et j’en étais très heureux. C’était cool de retrouver Je Te Rends ton Amour (avec une belle mise en scène). Le mash-up C’est Dans l’Air/Fuck Them All était pour le moins surprenant (mais j’aurais bien voulu au moins une fois un p’tit refrain de C’est dans l’Air).

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Reste que comme à chaque fois depuis à peu près Avant que l’Ombre… à Bercy je trouve un peu dommage qu’il y ait un peu trop de place laissée aux titres cultes pour finalement minimiser l’exploitation de l’album en cours. Ou en l’occurrence, pire ici, des deux derniers albums. Interstellaires est réduit à peau de chagrin (mais au moins avec Interstellaires d’interprétée et le duo virtuel avec Sting) et c’est presque pas mieux pour Désobéissance qui aurait pu être mis un peu plus en valeur. On a même pas eu tous les singles/promos (pas de N’oublie Pas ni de Désobéissance) et il n’y a que Histoire de Fesses qui a été sauvée dans le reste. Un peu léger. Enfin, comment ne pas évoquer la toute dernière chanson, celle qui termine ce concert sur une boucle avec L’Horloge. Un choix audacieux, plein de références. Ouvert à plein d’interprétations donc. Terminons sur les costumes signés à nouveau Jean-Paul Gautier. A l’image de la coiffure beaucoup moins sophistiquée que les dernières fois mais néanmoins élégante et fort jolie, ceux-ci ne versent pas dans l’excentricité et savent être simples mais avec cette petite touche supplémentaire qui fait qu’ils ne sont pas non plus totalement banals. Côté programme (ou art book je crois qu’ils ont appelé ça niveau merchandising), c’est un peu léger aussi. Les photos sont super belles (a priori faites sur le tournage du clip de Des Larmes) mais ça manque un peu de mise en scène, d’originalité, de photos des musiciens et danseurs, de croquis, de tout ça quoi ! Le show manquait aussi de cette petite touche d’exceptionnel qu’il y avait eu avec les robots danseurs ou le rideau d’eau. Mais il reste que pendant deux heures, on en prend plein les mirettes tout de même (de nombreux jeux de lumière, la scène qui se mue au fil des chansons) et plein les esgourdes avec du son qui fait plaisir et ça reste le principal. Hâte de revoir tout ça sur blu-ray et de profiter de tous les détails que je n’aurais pu voir avec cette seule fois.

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