P1D2451280G_px_640_2

Elle n'a pas le chapeau rond... Mais elle est tout de même Bretonne. Normal donc d'aller la voir en concert quand on est un peu concerné et que, surtout, on a apprécié son dernier opus en date : O Filles de l'Eau. Et quand on va voir Nolween Leroy pour sa tournée O Tour de l'Eau, il ne vaut mieux pas y aller pour espérer retrouver ses anciens succès. En effet, son dernier tour de chant est entièrement (ou presque) consacré à son dernier album qu'elle chantera en intégralité. Après tout, pas forcément une mauvaise chose, ça fait forcément de la nouveauté à découvrir. Et pas de jaloux pour des histoires de chansons préférées disparues. Et du coup, j'y ai retrouvé avec plaisir "Ahès", "J'ai volé le lit de la Mer", "Davy Jones" ou encore "Sur Mes Lèvres" et bien évidemment "Juste pour me Souvenir". Du coup, entre, elle n'aura gardé que "Suivre une Etoile" (au thème proche de l'univers de la tournée) et quelques chansons de l'album Bretonne ("Tri Martolod", "La Jument de Michao", "Brest", "Suite Sudrmoricaine"), ainsi qu'une reprise très jolie de "Scarborough Fair" de Simon & Garfunkel, entourée de ses musiciens. Une set-list plutôt agréable dans l'ensemble, manquant peut-être parfois de punch (surtout dans la première partie, mais rattrapé sur la fin), mais élégamment servie par la voix de Nolwenn Leroy qui peine toutefois à nouer un lien chaleureux avec le public. Il faut dire que la chanteuse est un peu atteinte de KenHiraïte aiguë... A savoir qu'elle a la facheuse tendance à fermer les yeux quand elle chante, souvent accrochée à son micro sur pied... Et souvent aussi dans la pénombre. A tel point que l'on pouvait se demander si au niveau de l'éclairage, il n'y avait pas l'ampoule de la poursuite qui avait sautée... Mais non, au bout de plusieurs chansons, finalement, on a pu voir autre chose qu'une ombre parfois à peine éclairée par les spots d'ambiance, on a pu voir Nolwenn ouvrir les yeux et parler un peu à son public, on pu voir la chanteuse se libérer un peu. Ce qui ne l'empêchera pas de ne pas vraiment prendre de contact avec lui, préférant toujours regarder au loin (mais lui faisant siffloter avec réussite) et snobant les quelques rares bouquets que des jeunes gamins sont venus lui apporter (il aura fallu attendre sa dernière sortie de scène pour qu'elle daigne finalement les prendre, après 3/4 d'heure d'attente courageuse de la part des fans en herbe). De Mylène Farmer à Hélène Ségara ou Lynda Lemay, c'est bien la première fois que j'ai pu avoir un tel ressenti sur cette relation entre un artiste et son public durant un concert. C'est un peu dommage parce que cela a tendance à nuire un peu à l'ensemble, pourtant fort agréable. Nolwenn a parfaitement assuré son tour de chant, sans fausse note, avec une certaine énergie pour ses déplacements sur la scène. Les images marines nous accueillant sont sympa, tout comme les images projetées sur l'écran vidéo durant le spectacle et les musiciens apportent beaucoup de fraîcheur et leur bonne humeur (et je ne dirais pas non plus que j'ai été un peu hypnotisé par Fred l'accordéo-guitaro-harpo-trompétiste ! Oui, qu'on se le dise, les musiciens qui accompagnent Nolwenn Leroy sont multi-tâches !!), n'hésitant pas à communiquer entre eux. Au passage, le grand et beau Fred aura été blessé (ce qui ne l'empêchera pas d'avoir un énorme fou rire sur la fin) par Nolwenn qui achévera aussi son violon après la gigue servant d'interlude au concert (les cordes ont lâché !). Je passerais vite fait sur la 1ère partie assurée par Arnaud Macé, je n'ai pas du tout été séduit (malgré de sympathiques jeux de lumière et une dernière musique sympa mais des paroles me mettant un peu mal à l'aise...). Un sentiment partagé donc au sortir de ce spectacle...