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"It's Shakespeare fault" ! C'est ce que disait Joss Whedon dans le livret du cd de l'épisode musical de Buffy "Once More With Feeling" ("Que le Spectacle Commence"). Il semble me souvenir qu'il expliquait qu'il réalisait des séances de lectures de Shakespeare avec les comédiens... C'est donc un peu tout naturel que quelques années après, on le retrouve justement avec William et une adapatation à sa sauce de son oeuvre, loin des tumultueux combats de The Avengers (le seul film que connaissait le monsieur qui a ouvert le bal de cette avant-première, parce que les séries de "Jess" Whedon visiblement, ça lui ait un peu passé au-dessus -alors qu'il a bien parlé des acteurs ayant tourné pour le réalisateur... Mais tout de même un peu plus dans les séries que dans ses films, non ?-). Donc oui, soyons très honnête, ce n'est pas pour l'amour de la culture ou de William que je suis allé voir Beaucoup de Bruit Pour Rien, mais bien parce qu'il y avait Whedon aux commandes et aussi parce que le casting était plutôt sympathique, avec des connaissances issues de Buffy, Angel (Amy Acker, Alexis Denisof, Tom Lenk), Firefly (Nathan Fillion, Sean Maher) ou Dollhouse (Fran Kranz). Alors du coup, il est vrai que je me suis bien demandé ce que je fichais dans cette salle de cinéma pendant la première heure. Nan, mais bon, c'était quand même en VOST (dur, dur pour moi !) et en plus en noir et blanc ! Sans oublier le fait que s'il s'agit d'une version moderne, les dialogues sont quant à eux ceux d'origine, ce qui corse le tout et à un peu peiné à retenir mon attention... En tout cas mon enthousiasme. Mais tout d'un coup... Il y a eu un déclic ! La magie de Whedon retrouvée. Celle qui fait que vous l'aimez depuis un moment, même quand vous vous dites qu'il aurait pu faire mieux. L'humour s'invite dans le film avec bonheur (une salle d'ailleurs à l'unisson lors de ces moments) et une fois les enjeux (longuement) posés, cela commence à devenir fort agréable (complots, machinations, tragédie...), avec forcément parfois un petit décalage entre le son et l'image. Alors oui, la dernière partie fait un peu oublier que j'eu pu m'endormir au début et fait que j'ai tout de même envie de dire à ceux qui ne sont pas plus inspirés que moi par Shakespeare, le noir et blanc et tutti-quanti, mais qui ont confiance en Whedon, qu'ils peuvent tout de même y aller (pas les yeux fermés, parce que ce serait un peu passer à côté de certaines choses). Bon, et puis on voit encore le côté familial de cette entreprise quand on lit le générique et les nombreuses personnes faisant une apparition dans le film (d'anciens scénaristes comme Drew Greenberg) ou quand on sait qu'encore une fois Jed Whedon et sa femme ont assuré une partie des -très réussies- chansons (en chantant, en écrivant parfois). Alors si c'était la faute de Shakespeare pour "Once More With Feeling", merci à William... C'est donc un juste retour des choses que c'est la faute à Whedon si je suis allé voir du Shakespeare !