timeless-2013-zenith-nantes-08-octobre-103

Si le temps court parfois, d'autres, il se suspend... Et les concerts de Mylène Farmer font toujours partie de ces moments-là... Ceux où l'on est plongé dans une bulle... Quelle soit mystico-religieuse comme dans le concert d'Avant que l'ombre... A Bercy ou qu'elle soit futuriste comme ici. Après un an d'attente, après un mois durant lequel il a été bien dur de ne rien lire sur les concerts précédents, voilà donc que la date fatidique du 09 Octobre 2013 à Nantes est arrivée... Deuxième fois pour ce Zénith qui, je le savais, permettrait pleinement de profiter du spectacle, puisque c'est une salle à taille humaine, où la fosse est peu profonde... En optant pour la fosse or, je savais donc que même si je n'étais pas là à camper 20 jours avant, j'aurai sans doute une bonne vue d'ensemble. Même si à vrai dire, l'impressionnante longue file d'attente donnait un peu le vertige (certes, il était déjà 18h30 quand je suis arrivé, après avoir acheté le programme -lourd- et l'avoir redéposé à la voiture, histoire de ne pas être encombré -à noter un vendeur plutôt mignon, mais pas trop pressé pour faire son job-)... Il faut juste souligner que les gens de la sécurité/accueil qui dirigeaient les personnes n'étaient pas forcément les plus aimables du monde mais faisaient à défaut leur boulot pour orienter tout le petit monde à vouloir entrer... Du coup, cette année, pas de coup de soleil, pas de longue attente avec du temps à tuer... Les portes s'ouvraient à 19h et ça avançait pas trop mal... D'accord, l'entrée effective en salle fut à 19h50 mais comme ça, moins de temps à attendre avant le début du concert, dans une fosse que je savais d'ores et déjà surchauffée, étouffante, contrastant avec l'air extérieur qui commençait à être frais. La question était de savoir où j'allais me situer cette fois-ci... Et le hasard aura donc décidé pour moi d'avoir une bonne place. Pas tout devant, milieu de la fosse or (une dizaine ou douzaine de lignes de têtes humaines quoi), plutôt sur le côté droit, peut-être moins centré que la dernière fois mais avec une bonne visibilité... En tout cas, la fosse or était de toute manière bien délimitée et avec un rectangle bien en face de la scène, vu la taille de la salle, pas moyen d'être mal placé. C'est donc à 21h que la lumière s'est éteinte... Après une diffusion de titres étrangers fait pour danser (ambiance électro/boîte de nuit) et un remix de Monkey-Me au son poussé à fond (et hop, une oreille en moins) et quelques nappes plus mystèrieuses histoire de nous plonger dans le suspense de l'attente.

A partir de là, on va commencer à entrer dans le vif du sujet... Avec des "c'est pas l'heure"... euh, des spoilers ! 21h, la lumière s'éteint donc... Et les étoiles furent ! Ambiance science-ficitionnesque pour Timeless qui nous invite à découvrir une Mylène Farmer arrivant au travers d'une porte presque digne d'une Stargate. Ecran géant mais décor plutôt épuré par rapport aux précédents concerts. Ce que confirmera d'ailleurs le reste du spectacle. Juste, a priori, quelques jeux avec les éléments mobiles qui ont formé le sas d'arrivée, mais guère plus. Pas non plus de jeu avec un double écran comme sur la tournée précédente... Mais où est donc passé l'argent ? Sans doute dans ce qui restera dans les annales de ce show : les robots ! Science-fiction oblige, Mylène s'est entourée des danseurs de demain avec des robots-bras articulés, se mouvant au rythme de la chorégraphie de C'est une Belle Journée. Autant dire que c'est bluffant. De même quand ces mêmes robots assurent un des interludes en assurant toujours une chorégraphie bien fluide. Alors est-ce la fin des humains ? Non, on peut encore être rassuré, Mylène n'est pas seule avec ses robots sur scène. Elle est rejoint, peu de fois cela dit, par une troupe de six danseurs, aux pectoraux impeccables (et impeccablements imberbes) qui assurent les chorégraphies des quelques morceaux dansés (C"est une Belle Journée, Oui mais Non, Sans Contrefaçon -avec un petit problème de retour, puisqu'elle n'avait pas son boîtier à ce moment-là, mais elle est allée au bout de la chanson tout de même-, Désenchantée, Je t'aime Mélancolie et A l'Ombre). Encore une fois, il y a de quoi s'en régaler les yeux... Ils sont mignons, ils s'éclatent bien... Et sont très souvent torse-nu ! Oui, pas de quoi se plaindre... A noter que la Belle a failli se vautrer sur Je t'aime Mélancolie ce soir-là. Et que le danseur avec un espèce de palmier sur la tête a fait la fête sur Désenchantée (en chantant les paroles) tandis qu'un autre semblait bien kiffer avec son grand sourire et son regard ouvert (quand les autres faisaient bien leur job et fermaient les yeux !). Mis à part ça, les costumes de Jean-Paul Gauthier n'ont pas forcément éblouis. Certes, ils étaient plutôt sympathiques et réussis dans l'ensemble, mais il n'y avait rien de bien neuf sous le soleil... Que ce soit au niveau des couleurs (où l'on retrouve le rouge, le noir, le blanc) ou au niveau des design. Le noir faisant d'ailleurs un peu redite avec le costume violet d'Avant que l'Ombre tandis que voir les danseurs en jupe ou assimilé ne surprend plus vraiment comme la dualité homme/femme (avec les corsets et les "costumes").

timeless-2013-zenith-nantes-08-octobre-109

La plus grande surprise vient finalement de la setlist du concert... En effet, s'il reste quelques incontournables qui seront sans doute dans chaque concert de la Rousse jusqu'à la fin (à savoir Désenchantée, Rêver et Sans Contrefaçon -voire XXL-), si on retrouve Je t'aime Mélancolie qu'elle met en général une tournée sur deux, le panachage de l'ensemble est plutôt sympathique. Sachant qu'elle avait deux albums jamais chantés en concert à caser, elle a néanmoins fait l'impasse sur un certain nombre de titres, zappant même deux singles que l'on était en droit d'attendre vu la portée scénique qu'ils pouvaient avoir : Lonely Lisa et Du Temps (pour un show s'appelant Timeless, c'est même presque incompréhensible !). Du coup, de Monkey-Me, elle n'aura casé que 5 titres, dont celui d'ouverture avec A Force de (un coup de coeur, ça tombe bien) et Elle a Dit ainsi que les différents singles, A l'Ombre, Je te Dis Tout (où elle n'a pu retenir son émotion) et Monkey-Me. De Bleu Noir elle aura donc retiré le succès Oui Mais Non, Bleu Noir qu'elle interprète en survolant la fosse sur une nacelle accrochée à un bras articulé (j'ai comme l'impression qu'elle a encore vu Ken Hirai... Oui, c'est quand même la deuxième fois que je retrouve certaines similitudes entre leurs spectacles !!), l'excellent Diabolique Mon Ange qui garde toute sa puissance et très bien interprétée par Mylène (elle aura donc fait honneur aux trois compositeurs de l'album) et Inséparables en VF, le premier rappel. Personnellement, c'était quand même une des chansons que j'aimais le moins de l'album, mais elle allait bien pour cette fin de concert avec les paroles pouvant trouver un écho (le public le lui rappelant bien sur plusieurs passage). Côté heureuses surprises, le retour de Comme j'ai Mal (où Mylène s'est tout de même planté à deux reprises au niveau des paroles !!) et la présence de Et Pourtant de l'album Avant que l'Ombre. Si la partie piano-voix est désormais une institution (dont je me lasse), elle aura évité de nous resservir Rêver dans cette partie qui sert de final (même si c'est pas pour autant beaucoup plus musical) mais surtout, elle aura réservé deux surprises en plus de la présence de Et Pourtant (dont le final rappel l'outro Avant que l'Ombre sur le spectacle précédent... Chaque fois Mylène réutilise de bonnes vieilles recettes !). La première, c'est le retour de Les Mots avec Gary Jules (chanteur américain à la très belle voix) et ensuite (enfin, c'est le contraire d'ailleurs !), la reprise en duo de Mad World par Gary Jules, épaulé par Mylène. Deux très beaux moments réussis. Et comme cette tournée est placé sous le signe du duo, à noter qu'il y en a un virtuel avec Moby, puisque Mylène chante Sleeping Away (Crier la Vie). Encore une autre bonne surprise de la setlist donc.

timeless-2013-zenith-nantes-09-octobre-308

On passera sur l'anecdotique Maman à Tort, puisque ce petit interlude ne sert que de prétexte qui permet aux danseurs de se débarrasser de leurs artifices qu'ils avaient lors de la chorégraphie de Sans Contrefaçon (chorégraphie que j'ai trouvé assez sympathiquement revue), même si c'est un clin d'oeil qui fait toujours plaisir (et qui permet à l'album Cendres de Lune de trouver une petite place vu que Libertine n'a pas été interprété) et que Mylène semble apprécier ("vous n'en avez pas eu assez ? Vous en voulez encore ?"). Après, reste que j'ai trouvé, malheureusement, que le son n'était pas super terrible... Je ne sais pas si c'est dû à mon placement dans la salle ou non, mais il était parfois ardû de profiter de la voix de Mylène ou même des arrangements (pourtant, Yvan Cassar semble avoir fait un bon boulot de réorchestration sur certains titres). C'est un peu dommage. A contrario, comme je le disais, j'ai été plutôt bien placé. D'une part, parce que j'ai eu Mylène (pas loin) dans mon champ de vision pendant 95% du spectacle, sans trop avoir été gêné par des têtes dépassant devant (sauf quand elle était plus au milieu de la scène) et d'autre part, parce que sur la partie piano-voix elle... elle était vraiment juste en face ! Un très joli moment d'émotion à vivre donc (avec petit signe à Yvan pour lui dire qu'elle n'était pas prête à reprendre un nouveau couplet -ou sur Je te Dis Tout ou sur Et Pourtant-), quelques rires (petit souci technique sur Sans Contrefaçon ou encore quand elle a récupéré une peluche d'un singe qu'elle a préciseusement gardé cette fois-ci !). Sans oublier le passage Bleu Noir avec une Mylène juste au-dessus. Si tout n'est donc pas parfait, si on trouve toujours des choses à redire, reste qu'encore une fois, il n'y a aucun regret à mettre une certaine somme dans le billet ou faire un peu d'attente avant de rentrer, parce que ce moment aura été magique et appréciable...